Point de vue
Conseils
de quartier : des conseils à ne pas suivre
Le Conseil Municipal de Nice du 27 juin 2002 a adopté
une délibération mettant en place des « conseils de quartier », comités
consultatifs dont la vocation est de rassembler les élus et les habitants.
L'objectif annoncé de « permettre d'instaurer une communication efficace entre
les élus et la population, d'accroître la citoyenneté et d'améliorer la
concertation » est séduisant. La démocratie participative étant, en effet,
un bon moyen d'impliquer les citoyens dans la vie de la Cité afin de leur faire
retrouver le chemin des urnes...
Rappelons, néanmoins, que la Ville de Nice avait la faculté de mettre en place
des conseils de quartier depuis la loi du 6 février 1992. Cette soudaine envie
« d'améliorer la concertation » trouve très certainement son origine dans la
loi du 27 février 2002 qui rend désormais obligatoire la création de telles
structures dans les villes de plus de 80 000 habitants...
Il est, dans tous les cas, paradoxal que des instances censées favoriser le
dialogue aient été créées sans recueillir l'avis des principaux intéressés,
à savoir les citoyens eux-mêmes.
Ainsi, c'est sans concertation qu'ont été choisis le nombre et le périmètre
de ces nouvelles structures. Alors qu'il aurait été logique d'avoir un conseil
de quartier dans chacun des 45 quartiers niçois, il n'y en aura finalement que
18 avec un découpage qui ressemble à celui des cantons, ce qui devrait
faciliter les campagnes électorales de certains...
C'est également sans concertation qu'a été définie la composition de ces
instances, ce qui explique sans doute la part belle faite aux proches du Maire.
En effet, chaque conseil de quartier comprendra 6 élus dont 5 issus de la
majorité municipale, 7 représentants désignés par les comités de quartier sélectionnés
par la Municipalité et 7 représentants des habitants directement choisis
par... le Maire lui-même ! Ces nouvelles structures ressembleront donc plus à
des « associations des amis du Maire » qu'à de véritables conseils de
quartier...
Au final, on regrettera amèrement qu'une aussi bonne idée soit aussi mal
appliquée. Il semble nécessaire de rappeler à « ceux d'en haut » que la démocratie
participative ne fonctionnera que si elle est construite pour et avec cette
fameuse « France d'en bas ».
Jean-Christophe
PICARD
Président
du Comité de quartier des Baumettes