Comité de quartier des Baumettes

"Babazouk" d'avril 2002

Accueil
Calendrier
Présentation
Dossiers
Infos pratiques
Nous contacter
Liens

 

Drôle de tram

Belle unanimité lors de l'enquête publique sur le tramway qui s'est achevée le 16 mars : tout le monde y trouve à redire

La démocratie de proximité est un exercice usant et pénible. Voyez les Niçois: dans leur ensemble, ils voient d'un bon œil l'arrivée du tramway à Nice, mais ils râlent quand même. Jamais contents !

Déjà, avant même de le donner, certains râlent sur la façon dont on leur demande leur avis. Par exemple, Jean-Christophe PICARD, président du Comité de quartier des Baumettes, regrette que « seuls les Niçois soient consultés », alors que le tramway, qui fait partie des prérogatives de la toute nouvelle Communauté d'agglomération, aurait permis de faire vivre « concrètement » celle-ci. Visiblement, M. PEYRAT est conscient de cette incongruité : on n'expliquerait pas autrement pourquoi il s'est engagé, auprès de la Communauté d'agglomération, à ce que Nice prenne à sa charge le coût de cette première ligne Nord-Sud.

Du coup, l'enquête publique ne concerne que la construction de cette première ligne. Il est bon de le préciser, à lire l'unique cahier de doléances mis à la disposition du public : nombreuses y sont les contributions, qui ne seront pas prises en compte, insistant sur la nécessité de commencer par la ligne Est-Ouest.

My (tram)way

Sur l'existence d'un tramway à Nice, Jean-Auguste ICART, conseiller général en sursis, est le seul à en contester l'utilité. Prétendant raisonner à l'échelle de la communauté d'agglomération, il démontre, chiffres à l'appui, que « le problème majeur provient de l'apport massif de véhicules depuis les autres communes ». D'après lui, c'est le trafic Est-Ouest qui est saturé, et qu'il faut donc privilégier. Et nul besoin de tram : il suffit d'utiliser la voie ferrée existante, quitte à en ajouter une troisième, dont la construction est de toute façon prévue. Et pour les déplacements en centre-ville, M. ICART se contenterait de développer le T.C.S.P. (Transport en commun en site propre, des bus à gaz dans des couloirs inaccessibles aux voitures).

Les autres critiques, sans nier la nécessité du tramway, remettent en cause son tracé. La mairie veut d'abord construire la ligne Nord-Sud, puis, dans un second temps, la ligne Est-Ouest. Plus tard en tout cas, et s'il reste des sous, car le déficit d'exploitation de cette première ligne, d'après la pessimiste Mme LAFON, présidente d'Accuse, pourrait être de 7,6 millions d'euros constants par an jusqu'en 2021 (lire ci-contre). En attendant donc, on se contentera, comme M. ICART, du T.C.S.P. de Magnan au Port.

Les Verts aimeraient bien que l'on n'attendent pas trop longtemps quand même, voire, que l'on s'attelle à la ligne Est-Ouest dès l'achèvement de la 1ère phase. Plus expéditif, M. RAFAÏ considère que l'urgence commande de commencer par une ligne de côte (Est-Ouest), de prolonger celle-ci à ses extrémités (Cagnes-sur-Mer et la Trinité) dans un 2éme temps, et seulement après de s'occuper de la ligne Nord-Sud.

D'après un « enquêteur-public » interrogé par « Babazouk », c'est devant l'opposition du SIEPAN (syndicat intercommunale d'étude et de programmation de l'agglomération niçoise, ancêtre de la Communauté d'agglomération), que M. PEYRAT a privilégié une ligne purement niçoise. Mais dans la nouvelle Communauté d'agglomération qu'il préside, entièrement dévouée à sa personne, M. PEYRAT n'a pas à faire face à une telle hostilité.

La foire aux mécontents

Quelques particularités de ce tracé Nord-Sud soulèvent de sérieux mécontentements. Les riverains du Rouret, où est prévu le centre de maintenance, font remarquer que le sol, ici, n'est pas . très stable, et que de toutes façons, ce centre de maintenance sera trop petit lorsque sera achevée la seconde ligne. La diagonale entre Auguste Raynaud et la place de la Libération, qui nécessitera quelques expropriations et la destruction de villas Belle Epoque, semble pour certains une aberration. Évitant deux virages serrés, elle est sensée faire gagner du temps, mais personne ne semble avoir pensé à mettre une station à chacun de ces virages, ce qui obligerait ipso facto le tram à ralentir. De plus, la place de la Libération n'a pas droit aux mêmes égards que les places Garibaldi et Masséna. Dans ces dernières, les lignes électriques seront enterrées, alors qu'elles traverseront la place de la Libé. Les ménagères pourront y pendre leur linge.

Plus à l'Est, les riverains et commerçants de la rue Sourgentin, au-dessus de la gare Riquier, ne comprennent pas l'utilité de cette boucle qui nécessitera l'installation d'un passage à niveau pour sortir de chez eux. Les habitants de l'Ariane, enfin, ne comprennent toujours pas pourquoi ils sont privés de tram. Cette desserte de l'Ariane est d'ailleurs l'une des quatre conditions posées par le ministre des transports pour que l'État participe au financement du tramway à Nice.

Gilles MORTREUX

Précédente Remonter Suivante