Rue de
France : démolition de la dernière « verrue »
Le taudis du
181 a été détruit. Des logements sociaux pourraient être construits sur
cette étroite fenêtre, mais l'OPAM a décliné l'offre...
C'était
la plus minuscule Zone d'Aménagement Concerté de la commune, et peut-être de
France !
Une
modeste parcelle de 2 250 mètres mais un emplacement en or, entre la rue
de France et la promenade des Anglais, à hauteur de la piscine Jean-Médecin.
Créée
en 1988, elle s'intitulait en toute simplicité « 181-187, rue de France »,
et avait pour but la réhabilitation d'un secteur comportant des immeubles vétustes
et insalubres.
Ces
derniers ont été rasés pour faire place à une résidence de standing dont
les terrasses donnent sur la mer.
Mais
si la ZAC a été officiellement clôturée en 95, une modeste bâtisse située
au 181 rue de France, a longtemps continué à faire de la résistance.
Situé
dans le périmètre de la ZAC, cet édifice inoccupé dont l'emprise au sol
n'excède pas 136 mètres, n'a cessé de se dégrader au grand dam du voisinage
qui dénonçait l'existence de cette verrue.
Y reloger la
société centrale d'agriculture ?
La
Ville, propriétaire de ce lot, vient enfin de faire procéder à sa démolition :
il existe désormais un espace vide, une « dent creuse » comme se
plaisent à dire les urbanistes, qu'il faudra combler.
Comment ?
A
l'origine, l'utilité publique de la ZAC reposait sur ce terrain de 136 m2 :
on devait y construire un petit immeuble abritant des services administratifs,
éventuellement une crèche. Il fut également question d'y reloger la Société
centrale d'agriculture qui doit quitter le « palais » qu'elle occupe
un peu plus loin sur la Promenade.
Autant
de projets qui ont été abandonnés en cours de route, de même que l'idée
d'un petit immeuble de bureaux sur sept niveaux comportant 1000 m2 de plancher.
« Nous
n'avons pas trouvé d'investisseurs pour cette option », souligne-t-on en
mairie
Pour
une simple raison : la quasi impossibilité de créer un parking en sous
sol étant donné l'extrême étroitesse du site !
Les
bailleurs sociaux des Alpes-Maritimes ont aussi été contactés, pour
construire là six ou sept appartements.
Ces
derniers présenteraient la particularité d'être les seuls logements sociaux
existant sur la promenade des Anglais et constitueraient un bel exemple de mixité
sociale.
Mais
après réflexion, l'OPAM a fait savoir qu'elle n'était pas intéressée, pour
le même motif : l'absence de parkings.
«
Nous attendons les réponses d'autres organismes, et notamment du Nouveau Logis
Azur », précisent les responsables municipaux.
Au
nom du comité de quartier, Rose-Marie ALLÉGRET et Jean-Christophe
PICARD, militent, eux, pour la réalisation des promesses initiales :
la création d'un centre administratif ainsi que des parkings.
Une
« dent creuse » à remplir
« Tous
les emplacements de stationnement qu'impliquait cette ZAC, n'ont pas vu le jour :
près d'une vingtaine de parkings n'ont pas été construits.
C'est
une anomalie que nous avions déjà dénoncée pour la ZAC Chéret toute proche.
Là
aussi, pas de stationnement public alors que le quartier souffre d'une forte
carence dans ce domaine ».
Quoi
qu'il en soit de cette polémique, la ZAC « 181-187 rue de France »,
arrive aujourd'hui véritablement à son terme avec la destruction de l'ultime
taudis.
Mais
une question demeure : comment occuper la minuscule « dent creuse » ?
Que faire de ces 136 m2 d'emprise au sol, l'une des plus petites propriétés
appartenant à la Ville ?
Philippe
FIAMMETT
I
