Comité de quartier des Baumettes

"Nice-Matin" du 19 avril 2000

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La gangrène de Magnan

Ce terrain, montré par les représentants du Comité de quartier des Baumettes, est l'ancien lycée hôtelier. Le projet initialement prévu : l'aménagement d'une place et de somptueux escaliers conduisant au musée Chéret serait, selon la municipalité, encore d'actualité. (Photo : Frantz BOUTON)

En panne depuis des années, la ZAC Chéret intéresserait, selon la municipalité des nouveaux repreneurs et investisseurs. Le premier, ayant déposé le bilan en 1996

Les ZAC (1) se portent mal. Depuis la crise de l'immobilier, les promoteurs ne courent plus vraiment après les projets. La ville en sait quelque chose. La ZAC Chéret, située sur le terrain de l'ancien lycée hôtelier, bat de l'aile... depuis un bon moment.

En effet, depuis 1994, date de la démolition du lycée et d'achat du terrain par la société suisse " Disch ", le projet initial n'a jamais vu le jour. Et pour cause : deux ans après, l'acquéreur a déposé le bilan. Depuis, plus de propriétaire, plus de travaux, la justice saisie du dossier et... " une énorme perte d'argent pour la ville de Nice. Selon elle, plusieurs millions de francs... "

En attendant, en plein coeur de la rue de France, à deux pas du lycée professionnel, se trouve cet " énorme champignon ", devenu une véritable gangrène et un cauchemar pour les riverains.

Des craintes pour la nappe phréatique

" De multiples tiges métalliques d'environ 13 mètres de long ont été enfoncées dans le mur du chantier qui longe la rue Renoir. Cette voie ne mesurant qu'environ huit mètres de large, elles ont alors percé jusqu'aux villas édifiées de l'autre côté de la voie. Résultat, le terrain a été déstabilisé en profondeur ", expliquent Jean-Christophe PICARD, le président du Comité de quartier des Baumettes et Rose-Marie ALLGÉRET, la vice-présidente.

Ces derniers se déclarent navrés qu'aucun élu ne réside dans le coin, " cela aurait certainement bougé depuis longtemps " et considèrent " que le plus grave resterait encore à venir si rien n'est fait. La nappe phréatique située sous le chantier n'a certes pas encore été atteinte mais lorsqu'elle le sera, elle devra être purgée et pompée pour permettre la poursuite des travaux. La disparition de cette nappe risque alors de provoquer des affaissements en amont... " Une déstabilisation d'autant plus inquiétante que la rue Renoir est quotidiennement fréquentée par les élèves du LEP Magnan " qui sont, en plus, obligés de marcher en plein milieu de la rue pour se rendre à leur établissement car il n'y a pas de trottoir. "

La liste des autres doléances est importante : " une meilleure sécurité pour les collégiens et une solution urgente pour effacer des mémoires ce terrain vague, anciennement lycée hôtelier. " Le comité réclame soit un jardin ou un parking, un projet à des fins d'intérêt public car " les gens des collines viennent ici faire leurs courses, il faut saisir l'opportunité de construire un parking. "

Car cet endroit situé à l'ouest de la ville est, il est vrai, assez mal doté. En effet, on ne peut pas dire que les espaces verts sont nombreux et, comme le suggérait encore dernièrement une habitante, " pourquoi ne pas construire un jardin public pour les mamans et les enfants ? "

" Eviter un second palais de la Méditerranée "

Selon la municipalité, " il faut absolument qu'une solution soit trouvée avant la fin de l'année, avant que le permis de construire ne devienne complètement caduc. A l'heure actuelle, il y a tout pour relancer le projet et éviter un deuxième palais de la Méditerranée en plein coeur de Nice. Les promoteurs, les repreneurs et l'accord des créanciers sont là. "

Le projet de la ZAC Chéret est donc de nouveau d'actualité. " Le programme initialement conduit par la société suisse, devrait être mené à bien, le plus rapidement possible, grâce aux repreneurs qui se sont manifestés. "

Rappelons qu'il prévoyait notamment l'aménagement d'une place avec fontaine et de somptueux escaliers conduisant au musée Chéret. Tant pis pour le jardin public ou encore le parking. Mais l'essentiel est de crever définitivement " l'abcès ". Selon la municipalité, le tribunal de commerce devrait intervenir sous peu et une solution être trouvée très rapidement.

L'année 1999 sera peut-être celle de l'embellissement de la rue de France... Il faut l'espérer.

Nolwen PELLEN

1. Zone d'activités commerciales.

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