Loi
relative à la démocratie de proximité
Très
loin des attentes de la population
La
loi relative à la démocratie de proximité du 27 février 2002 rend notamment obligatoire,
dans les communes de plus de 80 000 habitants, la création de Conseils de
quartier, composés d'élus et de "représentants des habitants".
C'est
avec une grande déception que l'on découvrira que le texte définitif de la
loi laisse les pleins pouvoirs au Maire. Celui-ci va, en effet, fixer discrétionnairement,
à la fois le périmètre des quartiers, mais aussi la composition des Conseils
de quartier. Or, en l'absence de tout garde-fou, cette loi peut facilement être
dévoyée... si ce n'est déjà fait !
Ainsi,
le Maire de Nice a déjà annoncé, sans aucune concertation avec les habitants,
que la Ville allait désormais appuyer son organisation, non pas sur les
quartiers, mais sur huit gigantesques arrondissements composés de plusieurs
dizaines de milliers d'habitants. Or, cette dimension n'est évidemment pas
suffisamment réduite pour permettre le rapprochement souhaitable entre les élus
et les habitants.
De
même, la désignation des "représentants
des habitants", habilités à siéger dans les futurs Conseil de quartiers
de Nice, est actuellement en train de se faire en catimini. Le risque est grand
pour que cette absence de transparence débouche sur la mise à l'écart des présidents
de comité de quartier véritablement représentatifs des habitants au profit de
personnes plus "indulgentes" avec la Municipalité.
Enfin,
on regrettera que le texte définitif ait supprimé deux bonnes idées, pourtant
initialement prévue. Ainsi, la disposition qui imposait un nombre minimum de réunions
par an a été retirée. Sans cette précision, on peut, hélas, craindre que
ces Conseils de quartier connaissent le même sort que l'actuelle Commission des
services publics locaux de la Ville de Nice qui ne s'est réunie qu'une fois
en... 1998. Enfin, il faut également
regretter la suppression du « débat annuel sur l'action menée dans
chacun des quartiers » qui aurait pourtant permis une utile et régulière
évaluation de l'action municipale.
Bref,
ce n'est certainement pas avec cette loi - qui avait pourtant cette ambition -
que l'on va rapprocher les élus de la population.