Voie rapide :
enquête publique à l'automne...
Riverains
et élus réclament des protections acoustiques renforcées pour ce prolongement
de la voie jusqu'à Saint-Augustin
Après
le coup d'éclat des riverains, en 2000, qui avaient remporté une victoire
inattendue en réussissant à faire annuler la Déclaration d'Utilité
Publique par les tribunaux, le prolongement de la voie rapide repart de
l'avant.
La
Ville a transmis un nouveau dossier de D.U.P. au préfet, Jean-René GARNIER
et ce dernier devrait fixer prochainement les dates de l'enquête publique.
Celle-ci se déroulera à l'automne, fin septembre ou début octobre, selon
toute vraisemblance. La procédure suivra alors son cours : bilan de
l'enquête, avis favorable ou non du commissaire-enquêteur, délibération du
conseil municipal pour entériner le projet revu et corrigé, lancement des
appels d'offres.
400
millions de francs au bas mot...
Pour
aboutir à un début des travaux à la fin 2002, ou, plus probablement, dans
le courant 2003. Tel est du moins l'objectif affiché par l'adjoint aux
travaux, Guy GELES-DUCARME.
Mais le
chemin risque d'être semé d'embûches, à commencer par celles que poseront
les adversaires irréductibles du projet...
Pour
l'heure, le tronçon s'achève brutalement à la hauteur du carrefour de
Fabron : la voie appelée à être prolongée, débouche dans le vide. La
distance à parcourir pour faire la jonction avec la sortie de Saint-Augustin,
est relativement courte : deux petits kilomètres. Mais les ouvrages
d'art à réaliser sont nombreux, étant donné la topographie du secteur. Ce
qui explique le cout élevé de l'opération : 400 millions de francs.
Un
chiffre estimatif qui pourrait sensiblement s'alourdir, notamment en raison de
nouvelles exigences en matière de lutte contre le bruit.
Bernard
ASSO, adjoint au maire, l'a clairement laissé entendre, avant-hier soir, lors
de la réunion qui s'est tenue au Forum d'Urbanisme, dans le cadre de la
concertation publique : « Les riverains de la voie rapide
subissent des contraintes en raison d'un équipement qui profite à tous les
Niçois. Il est donc légitime de prévoir des « dépenses de confort »
pour réduire au maximum les nuisances. Il faudra déployer un effort
particulier pour les murs antibruit ».
Déménager
Sainte-Hélène ?
Une de
ces dépenses consiste à recouvrir la nouvelle chaussée à la hauteur de
l'école Sainte-Hélène, afin que les jeunes élèves puissent continuer à
étudier dans des conditions supportables. Bernard ASSO n'a pas exclu, à
terme, un déménagement pur et simple de cet établissement scolaire. Une
couverture de la voie est aussi envisagée, un peu plus loin, devant l'école
de la Lanterne.
Protéger
les humains mais également les éléments du patrimoine : les
« fausses roches » qui ornent le bas du domaine des Grands Cèdres
devraient être épargnées. Reste à savoir comment, techniquement, il sera
possible de les enjamber ou de les contourner.
En
rappelant que ce projet de doublement était vieux de trente ans, Paul
CUTURELLO, conseiller général, a souligné que le niveau d'exigence des
citoyens en matière de défense du cadre de vie, était plus élevé
aujourd'hui qu'hier, et qu'il faudra bien en tenir compte.
Et il a
lancé comme un défi aux futurs maîtres d'œuvre : « Faisons en
sorte que le confort sonore soit plus important après qu'avant le
prolongement, en dépit de la hausse prévisible du trafic... Faisons jouer la
concurrence entre les équipes techniques. »
Permis de démolir...
Un
autre appel a été formulé par Bernard ASSO pour la démolition, dans les
plus brefs délais, des immeubles acquis par la Ville dans le cadre des
expropriations pour cause d'utilité publique.
Certains
de ces bâtiments sont actuellement squattés. C'est le cas de la résidence
de la Croix du Sud, aux Bosquets, où des clandestins d'Europe de l'Est ont
élu domicile. « N'attendons pas le début des travaux en 2003 pour
raser ces immeubles, source de nuisances pour le voisinage ».
Requête
entendue puisque le permis de démolir ces édifices délabrés figure parmi
les délibérations du conseil municipal qui se tiendra ce 13 juillet.

Ils ont dit...
Courtois
mais vifs, les échanges, lors de la réunion publique au Forum d'Urbanisme.
Guy
GELES-DUCARME : « L'intérêt
général commande d'achever la voie rapide. Tout arrêter aujourd'hui, ce
serait une terrible gabegie ! »
Paul
CUTURELLO : « Une brettelle de
sortie au lycée des Eucalyptus représenterait un danger pour les 1 500
élèves ».
Anita
THOMSEN (Comité de défense des
Bosquets) : « A-t-on pensé à la pollution atmosphérique ? Il existe un moyen
de la réduire : fluidifier au maximum la circulation, grâce à de nombreuses
bretelles de sortie afin d'éviter les bouchons ».
Jean-Christophe
PICARD (Comité de quartier des Baumettes)
: « Nous sommes opposés à tout ce qui pourrait accroître le trafic sur la
voie rapide ».
Maurice
FRICHETEAU (Comité de la Californie)
: « Cette voie rapide relève d'une conception criminelle : à certains
endroits, la distance avec les immeubles n'excède as 80 centimètres ! Le bruit
est insupportable. S'y ajoutent les risques d'accidents graves : il faut
interdire les camions-citernes. On pourrait un jour frôler la catastrophe ».
M.
VALLIER
(Comité de l'Arénas) : « Il faut
installer des gabarits : c'est le seul moyen d'empêcher l'accès des
poids-lourds ».
Philippe
FIAMMETTI