Comité de quartier des Baumettes

"Nice-Matin" du 8 septembre 2000

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Si la rue de France pouvait être comme la " Prom' "

Le Comité de quartier des Baumettes réagit aux travaux du quai des États-Unis. Lui aussi est favorable aux voies uniques de circulation empêchant les stationnements abusifs. Et pour cause…

Une fois n'est pas coutume, le Comité de quartier des Baumettes est pour. Pour la quatrième tranche de travaux d'embellissement de la promenade des Anglais. Pour, parce que l'actuel chantier qui va durer jusqu'aux premiers jours de décembre, a pour objectif la suppression d'une des deux voies de circulation pour élargir le trottoir au profit des passants et des cyclistes. Et ça, donner plus de place aux piétons et aux deux-roues, le comité est pour à 100 %. Voilà pourquoi, son président Jean-Christophe PICARD, a souhaité réagir. En apportant toutefois quelques petits bémols et commentaires, avec une transposition du nouveau produit " Prom " à la rue de France et à ses environs...

Revoir le concept

Si le Comité met son grain de sel, c'est d'abord, parce que son champ de compétence territoriale va de Grosso à Magnan (palais de l'Agriculture) et du rond-point de Saint-Philippe jusqu'au bord de mer inclus.

Ensuite, c'est parce que le sujet lui tient à cœur : " On a déjà eu l'occasion de dire que le comité était contre les doubles voies, génératrices de nuisances, de véhicules stationnés, de prostitution, etc."

Et les vélos ? Là, regret : " L'espace qui leur est consacré sur la promenade est plus une bande qu'une piste, qui doit normalement être séparée de la circulation et des piétons. Or, en l'état actuel, des télescopages, même bénins, entre cyclistes et piétons se produisent. D'autre part, il faudrait concevoir des voies perpendiculaires aménagées et protégées sur des grands axes (Gambetta, Grosso, etc.) afin d'accéder à la piste. "

Encore les doubles files

Mais si le Comité des Baumettes abonde dans le sens d'une " Prom " plus promenade qu'autoroute urbaine, il s'étonne cependant du fait " qu'on supprime une voie de circulation en invoquant le motif que, de toute façon, cette voie servait aux doubles files, alors que justement, on vient de faire raser la crèche Saint-Pierre, située dans le quartier des Baumettes, pour aligner le reste de la rue de France et achever son doublement, même si le restant de place doit profiter aux élèves du collège Daudet. "

Un doublement pour quoi faire alors ? Pour davantage de fluidité ?

Ça reste à prouver :

" On roule toujours aussi mal qu'avant, car la deuxième voie est prisonnière des doubles files. "

" Le problème est insoluble, dans la mesure où on a enlevé tous les parkings du quartier, ce qui représente, à la louche, plus de cinq cents places éliminées. "

On le sait, le Comité et d'autres associations, avaient proposé de transformer la ZAC Chéret (sur l'emplacement de l'ancien lycée hôtelier) en parking, " malheureusement, cette ZAC appartient à un promoteur qui en fait deux immeubles ".

Résultat : le problème de stationnement touche non seulement la rue de France, mais toutes ses petites perpendiculaires (Renoir, Cordier, Coppet, etc.) et rebondit jusqu'à l'avenue des Baumettes, saturée de voitures des deux côtés.

Moralité : pour Jean-Christophe PICARD :

" La promenade des Anglais comme vitrine de Nice, c'est parfait, mais il faudrait peut-être aussi se préoccuper de ce qu'il y a dans le magasin, c'est-à-dire des rues intérieures ! ".

Encombrement à risques

La rue Renoir, qui coupe la rue de France à hauteur de la ZAC Chéret, est l'exemple type de la voie étroite, étouffée par les stationnements interdits et anarchiques.

Le bas de la rue, notamment, est interdit à la circulation. Pour une raison évidente : l'embouchure doit permettre le libre passage, dans les deux sens, des voitures, des véhicules de livraison, etc. C'est même une zone d'enlèvement par la fourrière. Or, à cet endroit, très précisément devant la pharmacie, s'agglutinent à longueur de journées et de nuits des voitures. Résultat : les usagers désirant emprunter la rue Renoir, via la rue de France, doivent attendre que ceux qui descendent de la ruelle, aient le feu vert pour s'engager et libérer le passage.

L'affaire pourrait en rester à quelques cas de riverains râleurs. Il n'en est rien, car n'oublions pas que cette rue, conduisant au musée des Beaux-Arts, desservant un centre d'action social, dessert avant tout le lycée Magnan. Un espace pédagogique comprenant une communauté de mille personnes, dont huit cent cinquante élèves. Et à l'instar de nombreux habitants, le proviseur, Pierre Lumbroso déplore la situation : " Il y a quotidiennement des dizaines de professeurs qui sont bloqués le matin rue de France et qui ne peuvent pas tourner à droite pour monter au lycée. "

Le même problème se pose d'ailleurs le soir, lorsque les enseignants quittent l'établissement en longues cohortes de voitures. Si on y ajoute les centaines d'élèves en deux-roues, on voit d'ici la jolie pagaille et le danger encouru.

Danger accru par un autre problème que soulève également le proviseur : " L'état de la chaussée est préoccupant à cause des déformations, des nids-de-poule... multipliant les risques de chutes pour les lycéens circulant en cyclomoteur, en scooter ou en moto. " Des creux et des bosses, pas d'élargissement en vue avant la fin de la ZAC, aucun entretien alors que l'endroit est devenu une zone inquiétante de prostitution avec tout ce que cela comporte comme nuisances sonores, hygiéniques et comme insécurité : on peut comprendre le président PICARD, lorsqu'il demande aux pouvoirs publics de s'occuper un peu plus de l'intérieur des terres...

Christine RINAUDO

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