Conseils de quartiers :
La démocratie participative confisquée
Le Collectif des comités de quartier se déclare en accord la
mise en place d'une démocratie participative, dans le cadre de la loi du 27
février 2002 relative à la démocratie de proximité. Les comités de
quartier dénoncent toutefois son application à Nice où la Municipalité a décidé
de créer 18 conseils de quartiers, composés chacun de 5 élus, 7 « représentants
des habitants » et 7 « représentants des comités de quartier »...
Or, nous avons pu constater que la désignation des
« représentants des comités de quartier » s'était faite dans des conditions très
discutables…
Tout d'abord, les comités ont été convoqués à des assemblées
générales par des personnes qui ne faisaient état d'aucune qualité, ni d'aucun
mandat pour le faire. En outre, les modalités de désignation n'ayant pas été
rendues publiques, les comités ont été dans l'incapacité de se préparer ou de
consulter leurs adhérents.
Plus grave, des comités parmi les plus représentatifs n'ont
pas été conviés à ces réunions (Comité de Défense des Quartiers du Port et de
son Environnement, Comité de Défense du Jardin Thiole-Place de Gaulle et
quartier Libération, Association de Défense du Mont Boron-Villefranche-Port,
Comité de quartier Vernier-Malausséna, Comité de quartier Victor Hugo).
D'autres, pourtant dûment convoqués, se sont vus refuser le
droit de participer à l'assemblée générale (Association La Grande Avenue Notre
Dame).
À l'inverse, certains comités ont eu le privilège de
participer à plusieurs conseils de quartiers en même temps (Comité de quartier
Magnan, Comité de quartier de Ferber-La Vallière-Arénas, Corniche Fleurie-Sainte
Marguerie-La Plaine, Comité des Intérêts du Port).
Des associations n'ayant rien à voir avec des comités de
quartier (Union des commerçants, Association de défense des Harkis) ont même pu
participer au vote et avoir des représentants ! Le Maire de Nice a pourtant
lui-même déclaré que celles qui « ne répondaient pas à la notion de comité de
quartier n'avaient pas à être associées à cette élection ».
De plus, des comités notoirement en sommeil ou sans réelle
activité ont participé en masse à ces assemblées générales, faussant
complètement leur représentativité.
Enfin, des consignes de vote ont visiblement été données pour
écarter les comités jugés trop indépendants (Comité de quartier des Baumettes,
Comité de Défense et de Protection de la Californie-Bas Fabron-Cambrai-Promenade
des Anglais).
Dans ce
contexte, on ne s'étonnera plus qu'on ait parfois vu arriver et reparti des
électeurs en voiture de fonction aux armes de la mairie !
C'est pourquoi, le Collectif des comités de quartier met en
doute la légalité de toute cette procédure. Après avoir saisi le Préfet, nous
allons déposer un recours devant le Tribunal Administratif de Nice ; nous
arguerons notamment que les modalités de désignation n'ont jamais été soumises
au Conseil Municipal.
Par ailleurs, nous contestons toute légitimité à ces
nouvelles structures, d'autant plus qu'à ces prétendus « représentants des
comités de quartier » vont prochainement s'ajouter des « représentants des
habitants » directement désignés par le Maire. Au moins, cette fois, les choses
auront le mérite d’être claires !