Ports, tes voix
L'argument du Maire de Nice est étonnant, pour
lui « le débat public qui a eu lieu sur le projet d'extension du port n'a pas
reflété la volonté réelle de la population ». Une déclaration qui a surpris le
Président du Comité de Quartier des Baumettes, J.C. PICARD : « nous
sommes forcément un peu déçus d'apprendre que la synthèse des avis faite à
l'issue de ce débat public, n'est pas considérée comme légitime ». Un débat qui
a pourtant fait date à Nice. Organisé du 15 octobre 2001 au 31 janvier 2002, il
avait fait couler beaucoup d'encre et les l réunions publiques étaient pour le
moins houleuses.
Digue de
colère
Au vu des réactions particulièrement vives de
la part de la population, Paul VIALATTE, Président de la Commission
Particulière, avait écrit « on ne sort jamais indemne d'un grand débat public
(...) Après un débat public, il devient difficile de décider ». Une réflexion
avisée qu'avait choisi de suivre à la lettre Jean-Claude GAYSSOT, alors Ministre
des transports. Dans un courrier adressé à Jacques TIBERI, vice-Président du
Conseil Régional, il avait ainsi prudemment écrit : « je
compte répondre de façon positive à
votre suggestion d'engager des expertises complémentaires ». Aujourd'hui, pour
Jacques VICTOR, Conseiller Général du 3ème canton de Nice, « une nouvelle digue
de 1 500 m de long et de 20 m de large nous est annoncée afin
d'accueillir des paquebots monstres de
300 m ».
Il est vrai que l'extension du port de Nice est
inscrite dans la Directive Territoriale d'Aménagement ainsi que dans le plan
État/Région...
Quant à la position du Conseil Régional elle est loin d'être claire. Si le P.S.
s'était finalement prononcé contre le projet tête de ligne en janvier 2001, P.
ALLEMAND écrivait, dans un courrier adressé à M. Jean LAGET, P.D.G. des
Croisières Mathez, en mai 1999, « vous avez déclaré que le Président du
Conseil Régional était hostile à la réalisation de la digue du port de Nice. Je
tenais à vous faire savoir formellement que ces propos n'ont jamais été tenus
(...) Il a été affirmé la complémentarité régionale et la nécessité de réaliser
les équipements portuaires qui permettent à la Côte d'Azur à Nice de développer
l'activité touristique, notamment en devenant tête de ligne pour les croisières
».
L'homme politique est changeant...
ELC
