Les antennes-relais rapportent gros
Ces stations relais pour téléphones mobiles poussent
comme des champignons sur les toits des immeubles. Aucun site n'est épargné,
puisque la location des emplacements se négocie à hauteur de plusieurs
dizaines de milliers de francs par an
« J'ai des problèmes pour recevoir la septième
chaîne. Pendant la journée, il
y a de la neige sur l'écran ». Jeanne habite à l'avant-dernier étage
d'un immeuble situé au début du boulevard Dubouchage. Sur le toit, deux
antennes-relais ont été installées il y a deux ans. Depuis, elle a des
problèmes avec ses deux télévisions : « Dans la chambre à coucher, la
petite télé s'allume parfois toute seule. Mon mari pense que cela vient de
l'antenne ».
Elle s'inquiète d'avoir une telle installation au-dessus de son logement, car
lors de la pose de ces antennes, aucune information ne lui a été communiquée.
« Je n'ai même pas été prévenue le jour de la décision. J'avais
donné ma délégation lors de l'assemblée générale des copropriétaires.
Heureusement, avec les sommes perçues pour la location, l'escalier a été
repeint ».
Une chose est sure, l'installation et la location de tels équipements sont
une bonne affaire financière : entre 20 000 et 30 000 francs
par an pour un bâtiment public de type HLM à Nice. La somme peut atteindre
de 50 000 à 60 000 francs pour un édifice privé de type hôtel, hôpital
ou école en centre ville.
Du coup, des associations montent au créneau afin de clarifier la répartition
de ces recettes. Corinne BASSINO, du syndicat de défense des locataires,
s'insurge : « Nous ne savons pas concrètement où va tout cet
argent. De plus, il est anormal d'installer ces antennes sans avoir des
garanties d'innocuité pour la santé et l'environnement »
souligne-t-elle.
« J'ai des problèmes pour recevoir la septième
chaîne. Pendant la journée, il
y a de la neige sur l'écran ». Jeanne habite à l'avant-dernier étage
d'un immeuble situé au début du boulevard Dubouchage. Sur le toit, deux
antennes-relais ont été installées il y a deux ans. Depuis, elle a des
problèmes avec ses deux télévisions : « Dans la chambre à coucher, la
petite télé s'allume parfois toute seule. Mon mari pense que cela vient de
l'antenne ».
Elle s'inquiète d'avoir une telle installation au-dessus de son logement, car
lors de la pose de ces antennes, aucune information ne lui a été communiquée.
« Je n'ai même pas été prévenue le jour de la décision. J'avais
donné ma délégation lors de l'assemblée générale des copropriétaires.
Heureusement, avec les sommes perçues pour la location, l'escalier a été
repeint ».
Une chose est sure, l'installation et la location de tels équipements sont
une bonne affaire financière : entre 20 000 et 30 000 francs
par an pour un bâtiment public de type HLM à Nice. La somme peut atteindre
de 50 000 à 60 000 francs pour un édifice privé de type hôtel, hôpital
ou école en centre ville.
Du coup, des associations montent au créneau afin de clarifier la répartition
de ces recettes. Corinne BASSINO, du syndicat de défense des locataires,
s'insurge : « Nous ne savons pas concrètement où va tout cet
argent. De plus, il est anormal d'installer ces antennes sans avoir des
garanties d'innocuité pour la santé et l'environnement »
souligne-t-elle.
Principe de précaution
Des organismes, aussi, se mobilisent au niveau national : « Nous
demandons clairement de créer des zones d'exclusion dans l'environnement de
ces antennes, même si, a priori, les ondes se propagent surtout selon un axe
horizontal. Comment expliquer, alors, que l'on puisse téléphoner au pied de
ces antennes ? » s'interroge Stéphen KERCKHHOVE d'« Agir pour
l'environnement ».
Ce collectif regroupant quinze associations dénonce « l'implantation d'antennes-relais
qui s'établit en dehors de toute réglementation » et revendique
« d'instaurer dès à présent une demande de permis de construire pour
toute nouvelle implantation ». Aujourd'hui, la loi impose une déclaration
de travaux pour toute antenne de plus de douze mètres et un permis de
construire si la base de l'installation est supérieure à cent mètres carrés.
Récemment, un rapport remis au ministère de la Santé s'est révélé extrêmement
prudent. Il recommande, notamment, que « les bâtiments sensibles (hôpitaux,
crèches et écoles) situés à moins de 100 mètres d'une station de base, ne
soient pas atteints directement par le faisceau de l'antenne ». En
revanche, le rapport ne remet pas en cause l'installation d'une antenne-relais
sur le toit d'un immeuble, car « le faisceau incident n'affecte pas, ou
de manière tout à fait marginale, l'aire située au-dessous ».
Pourtant, c'est le cœur du problème : les opérateurs installent des
relais sans informer les habitants et les risques encourus pour la santé sont
peu connus.
Avec 29 500 antennes-relais disséminées sur tout le territoire, le
problème ne manque pas de se poser. Pour satisfaire les 30 millions d'abonnés
français à un réseau de téléphone mobile, un relais doit être disposé
tous les 300 à 600 mètres selon le relief.
Patrice CASTELLI

En attendant une législation
De plus en plus de communes comme Vallauris, Saint-Raphaël, Villeneuve-Loubet
ou Mouans-Sartoux prennent des arrêtés municipaux afin d'éloigner les
antennes à plus de trois cents mètres des zones sensibles. A Nice, malgré
les protestations des habitants du quartier des Baumettes et à l'école du Château,
aucune mesure n'est envisagée : « Nous suivons ce dossier de très
près, mais il n'y a aucune directive nationale pour l'instant. La ville se
conformera à une législation future » souligne-t-on en mairie.
L'OPAM, avec un parc de vingt-cinq mille logements dans tout le département
pour une cinquantaine d'antennes, applique le principe de précaution :
« Actuellement, nous vivons dans un climat de psychose. Nous avons
suspendu les installations depuis le début du mois de février, en attendant
d'avoir les mesures du rayonnement des champs magnétiques » explique
Jean Paul PIERINI, directeur des affaires juridiques. « Comme dans tout
organisme public, les sommes perçues vont dans un fond commun pour nos dépenses
usuelles. L'argent ainsi récupéré sert aussi bien à payer le personnel qu'à
réhabiliter ou rénover les immeubles. Il est impossible de les affecter à
un immeuble en particulier ».