Comité de quartier des Baumettes
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Autoroute
urbaine : de l'air ! Invitée par l'Association de Défense
des Victimes de la Voie Rapide Corinne LEPAGE, ancienne ministre de
l'Environnement, est venue à Nice parler de sa loi sur l'air. Un texte, dont
l'application est inexistante ou presque... La voie rapide de Nice. Sa vue sur mur
couleur béton et graffitis. Sa circulation infernale. Son bruit insupportable.
Son air vicié... Quel tableau ! Cette Autoroute urbaine sud, surtout
lorsqu'on évoque son possible doublement, est la bête noire de l'ADVAUS
(1) Pour cette association, en effet, voie rapide égale asphyxie
dans une ville déjà saturée de véhicules. Ce trait d'union inquiétant à court
terme pour l'environnement et les poumons, a fait l'objet d'une réunion
d'information publique à l'hôtel " Mercure " de
Nice-Californie, à travers le thème de la pollution de l'air. (2) A cette réunion, M. Patrice
MIRAN, consultant en environnement, président de l'ADVAUS, avait
convié Mme Corinne LEPAGE. Pourquoi Mme LEPAGE ? Parce
que cette avocate, ex-ministre de l'Environnement, est justement l'auteur de la
loi sur l'air du 30 décembre 1996. Mesures indispensables La motivation initiale de l'élaboration
de cette loi ? Une double nécessité aux yeux de Corinne LEPAGE : "
Cette loi me paraissait indispensable pour la santé, d'autant que santé et
environnement étaient enfin liés. D'autre part, à propos des changements
climatiques, les transports constituent l'un des facteurs d'accroissement des
gaz à effet de serre. " Dans les fait, la loi est étouffée : "
Elle n'est pas ou quasiment pas appliquée, faute de volonté politique,
regrette l'ancienne ministre du gouvernement JUPPÉ. En cas de pics de
pollution, on dit aux gens de ne pas utiliser leur véhicule ou de rouler moins
vite. C'est désespérant ! Il devait d'autre part, y avoir des plans de
protection de l'atmosphère, mais les décrets d'application ne sont pas sortis.
Quant aux plans d'urgence, on n'a jamais eu autant de ' niveaux 2 ' et on se
contente de lancer une journée sans voiture, ce qui n'a aucun sens. " Renoncer ou persévérer ? Alors, face à cette non-application de la
loi sur l'air et à cette inertie de l'État, que dénonce Corinne LEPAGE,
l'action de l'ADVAUS contre le doublement de la voie rapide, ne
risque-t-elle pas de rester vaine ? Patrice
MIRAN dit non : " Le texte législatif n'a pas reçu de décrets
d'application certes, mais cela n'empêche pas de l'utiliser en vertu du
principe de la mise en danger de la vie d'autrui. Quand la loi est bafouée
parce que le pouvoir public est défaillant, il y a sur le terrain, des
associations comme la nôtre pour la faire vivre. Nous avons déjà mis en route
une première phase avec dépôts de plaintes au plan administratif et pénal,
qui elles sont effectives... " Trois
axes pour un projet Sur le dossier voie rapide, l'ADVAUS
travaille autour de trois axes. Tout d'abord, elle revendique l'inversion
des flux de circulation, la gratuité de l'autoroute de contournement et le
non-doublement de la voie rapide. Ensuite, l'association considère que le
tramway n'est pas la solution idéale : " Il faut soulager l'axe
est-ouest et non pas nord-sud, comme cela est prévu, estime Patrice
MIRAN. La ville de Nice possède l'un des réseaux de transports en
commun le plus faible de France. Mieux vaut donc le moderniser avant d'engloutir
des sommes folles dans de nouvelles infrastructures. " Enfin, dernier objectif, et non des
moindres : l'enterrement de la circulation de la promenade des Anglais en
souterrain, puis de la route du bord de mer depuis l'aéroport Nice-Côte d'Azur
jusqu'à... La Turbie. On peut toujours rêver
! Christine RINAUDO 1.
Association de défense des victimes de la voie rapide - Autoroute urbaine sud,
5, rue Henri-Cordier 06000 Nice. Tél. 04.93.37.18.05. 2. Etaient présents à cette réunion : MM. Rudy SALLES, député des Alpes-Maritimes ; Jean-Paul BARETY, conseiller municipal et ancien maire de Nice ; Michel FRANÇOIS, président du Mouvement Ecologiste Indépendant ; Maurice FRICHETEAU, président du Comité de quartier Californie, etc.
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