Comité de quartier des Baumettes
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La guerre des pro et des anti-voitures… L'enquête sur le Plan de Déplacements
Urbains visant à améliorer la qualité de l'air vient de s'achever. Le
commissaire- enquêteur rendra ses conclusions en août La deuxième
enquête publique visant le Plan de Déplacements Urbains
qui vient de s'achever, n'aura pas eu plus de succès que la précédente ! Les Niçois ne se sont guère déplacés, à
pied ou en voiture, pour inscrire leurs remarques sur le registre du Forum de
l'Urbanisme, dans le Vieux-Nice. Ce PDU les concerne pourtant directement
puisqu'il s'agit de la façon dont vont s'organiser, les déplacements en ville
et dans l'agglomération au cours des quinze prochaines années, autant dire un
élément-clé de leur qualité de vie, en terme de mieux-être ou de désagrément. Diminuer le trafic automobile Pourquoi un PDU ? Parce que c'est une
obligation née de la loi sur l'air de 1996, obligeant les communes de plus de
100 000 habitants à prévoir un plan tendant à la diminution du trafic
automobile et au développement des transports en commun. Pourquoi une deuxième enquête après celle
menée à bien au printemps 99 sur le même sujet ? En raison d'une modification de la procédure
au plan national : les nouveaux textes de loi précisent que c'est désormais au
préfet et non au maire qu'il revient de diligenter cette enquête... Un " détail " qui a obligé
à remettre l'ouvrage sur le gril de l'enquête, du 8 juin au 12 juillet. Résultat : un nouveau registre en partie
noirci par des avis et doléances plutôt contrastés où s'affrontent les anti
et les pro voitures... Pour la réduction du trafic automobile : des
mouvements écologistes et des associations de riverains, mais aussi de simples
particuliers qui dénoncent la multiplication des nuisances. Ainsi, la Coordination contre la jonction de
la voie rapide à l'A8 et l'Association
de Défense des Victimes de l'A.U.S.
proposent-elles un PDU alternatif. Parmi les mesures avancées : un dispositif
pour dissuader le stationnement non résidentiel dans l'hyper-centre en créant
des tarifs progressifs (et une demi-heure de gratuité pour le stationnement en
surface). Les piétons se rebiffent... Un riverain estimant que le PDU ne répond
pas aux objectifs affichés, présente " sa solution " : un
plan de déplacement urbain piéton ; en s'appuyant sur le constat suivant : la
marche à pied constitue 57 % des déplacements pour les habitants de l'hyper-centre
et 43 % pour l'ensemble des Niçois, ce qui est élevé par rapport aux villes
de taille comparable où ce chiffre se situe entre 20 et 30 %... Il propose donc un développement
spectaculaire des secteurs dévolus aux marcheurs, une remise en état des
chemins, raccourcis, escaliers, et une circulation automobile limitée dans des
secteurs résidentiels comme la colline de Cimiez (avec des goulets d'étranglement
à l'entrée en guise de dissuasion). Toujours dans cet esprit de fronde opposé au
tout-voiture, un autre intervenant ne se contente pas des 26 km de pistes
cyclables inscrits au P.D.U., il en demande bien davantage : 200 km de pistes
bien distinctes des voies pour auto. Les commerçants montent au créneau Mais la voiture a aussi ses partisans
farouches, notamment les petits commerçants du centre-ville. La Chambre des commerçants de proximité et
artisans s'élève avec virulence contre " l'absence de politique de
construction de parkings à Nice ". " Alors que l'usage de la voiture se
démocratise, on supprime de plus en plus de places le long de nos rues. On
incite les automobilistes à la double file, on les pousse à la faute pour
faire pleuvoir les PV qui rapportent des milliards à l'Etat et à la
Ville..." Un avis similaire chez les commerçants de la
rue Hôtel des Postes : " Repoussons la partie du PDU qui
veut chasser la voiture de la ville, c'est méconnaître la configuration de la
commune avec ses collines ". C'est au commissaire-enquêteur, M. André
PLOURIN, qu'il appartient maintenant de trancher parmi tous ces jugements
contradictoires d'où se dégage tout de même un élément consensuel : le
principe du tramway qui est au coeur du PDU, est unanimement approuvé. Parmi les priorités liées à la pollution
en milieu urbain, la diminution du trafic automobile.
La concertation en question Cette deuxième enquête publique fait
l'objet de vives critiques sur le plan de l'accueil du public. Un ancien haut fonctionnaire du ministère de
l'Intérieur résume cette impression négative : " Un seul registre d'enquête pour
400 000 habitants et une ville aussi étendue, ne témoigne pas d'une politique
volontariste de concertation. " " La présence permanente d'un
technicien de la mairie dans les locaux où se déroule l'enquête, aurait
beaucoup facilité la compréhension du document et la lecture des plans par le
public. Mais était-ce souhaité ? " Autres mécontents : les responsables de l'ADPL
(Association pour une Démocratie Participative Locale). " Le processus d'enquête publique,
qui a été décidé par les autorités préfectorales et municipales, ne semble
pas répondre de manière satisfaisante au besoin légitime d'information et
d'expression, notamment par le fait qu'il fonctionne non pas dans le sens d'une
concertation organisée, mais sous forme d'un simple bureau d'enregistrement.
" " Nous préconisons donc en complément
de cette enquête publique, un moyen de concertation institutionnel : le conseil
communal de concertation ", précisent MM. Jean-François
PASQUINI et Jean-Laurent LEPEU. Philippe FIAMMETTI
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